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16 de juny 2015

Vous avez le droit de siffler

Une semaine avant de gagner la coupe européenne des clubs de football, le Futbol Club Barcelona avait aussi remporté la coupe espagnole des clubs, « la Coupe du Roi », devant l'Athletic Club de Bilbao au Camp Nou, son propre stade, le Real Madrid ayant refusé de céder ses installations pour éviter la photo d'un Barça vainqueur sur sol madrilène... Préalablement au match, l'entrée du roi sur la tribune avait été accompagnée d'une huée monumentale au son de sifflets qui est déjà devenue une tradition pour les supporteurs respectifs basques et catalans lors des dernières finales dont les protagonistes ont été précisément ces deux équipes. À ce sujet, le journaliste catalan d'origine anglaise Matthew Tree a publié cet article dans le quotidien El Punt Avui (http://www.elpuntavui.cat/noticia/article/7-vista/8-articles/863576-ja-pots-xiular.html) le 7 juin. Il y fait quelques considérations à propos de la réaction (jugez-en de par ses commentaires) de la Commission interministérielle espagnole contre la violence et la xénophobie ainsi que des médias madrilènes.


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Vous avez le droit de siffler

En Angleterre il est illégal d’insulter quelqu’un en public, de telle sorte que, lorsque des fabricants d'armes sont arrivés à Londres en 1981 pour un salon d'armes, il s'en est fallu d'un cheveu que la police ne m'a pas arrêté (moi et quelques autres manifestants) pour les avoir hués au cri de bastards, un épithète qui en anglais a le même poids que fils de pute en catalan. Mais si je les avais sifflés rien ne serait arrivé. Et il y a une semaine, au Camp Nou, personne n'a réellement insulté ni le roi ni l’hymne espagnols, qu'ils ont cependant désapprouvés à travers le seul mécanisme sonore faisable. Et c'est tout. Les fatwas prononcées après cette huée par la Commission de l'état contre la Violence et la Xénophobie –une institution qui en revanche était restée plus muette que le sphinx lorsque certains Espagnols ont diffusé via tweeter des insultes beaucoup plus outrés que bastards contre les victimes catalanes de la tragédie du vol 4U9525– démontre que faire preuve publique de désaffection nationale peut étourdir l'état (et ses médias affins) jusqu'en arriver à des extrêmes déconcertants. De même, il n'y a pas longtemps le quotidien ABC a sorti une « une » assez voyante où il accusait Ada Colau [NdT : la nouvellement elue maire de Barcelone] de s'être vendue à l'indépendantisme. C'est dire que les pouvoirs factuels s'en fichent des idées sociales de Mme Colau comme de l'an quarante, car à coup sûr ils fermeraient les yeux même si elle était beaucoup plus radicale, même si elle obligeait toute la population à sortir de la ville pour aller travailler à la campagne tout en faisant du Barcelonais une autarcie staliniste célébrée chaque année au Forum avec d'immenses bals chorégraphiques ; mais si elle serre à peine la main d'un politicien indépendantiste, ils en font tout un plat, incapables qu'ils sont de faire face avec un peu de sérénité au fait qu'il y a des millions de citoyens catalans qui voulons sortir de l'état espagnol, et c'est cette négation de la réalité qui rend impossible toute résolution autre que la propre indépendance. D'après ce qu'on voit, le gouvernement central –il aura beau protéger la tauromachie– ne sait pas que s'il ne prend pas le taureau par les cornes, celui-ci finira par sortir allègrement de la place.


07/06/15 02:00 - MATTHEW TREE

Traduction : Miquel-Àngel Sànchez i Fèrriz <masferriz@gmail.com>


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