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24 de set. 2015

La dignité de la Catalogne

À la veille des élections qui se tiendront en Catalogne le prochain dimanche 27, il n'est pas sans intérêt de rappeler l'éditorial commun qui a été publié -rédigé par consensus- par les douze quotidiens catalans avec siège en Catalogne, sauf El País, aussi bien en catalan [1] qu'en castillan [2] il y aura bientôt six ans le 26 novembre 2009. L'éditorial mettait en lumière que le Statut d'Autonomie de Catalogne, approuvé par le Parlement de Catalogne en 2006, était le seul à avoir été attaqué par le Partido Popular (PP) qui en avait saisi la Cour constitutionnelle espagnole, où il était en suspens depuis plus de trois ans sans qu'aucun arrêt n'eût été prononcé à son égard...[3] De notre perspective actuelle, on dirait que la Cour constitutionnelle a pris cet éditorial comme une menace et en conséquence a prononcé l'arrêt qui s'est avéré le déclencheur du processus en cours. Affaire à suivre...





26/11/09 00:00 -  
ÉDITORIAL

Après quasiment trois ans de lente délibération et de manœuvres tactiques sans cesse qui ont malmené sa cohésion et ont érodé son prestige, la Cour constitutionnelle peut être sur le point d’émettre un arrêt sur le Statut de Catalogne, promulgué le 20 juillet 2006 par le chef de l’État, le roi Juan Carlos, dont voici l'avant-propos : « Sachez : que les Cortes Generales [4] ont approuvé, les citoyens de Catalogne ont ratifié en référendum et moi je viens sanctionner la loi fondamentale suivante ». Ce sera la première fois depuis la restauration démocratique de 1977 que la haute cour se prononce sur une loi fondamentale ratifiée par les électeurs. L’attente est élevée.

L’attente est élevée et l'inquiétude n'est pas faible devant l’évidence que la Cour constitutionnelle a été poussée par les événements à agir en tant que quatrième chambre, confrontée avec le Parlement de Catalogne, les Cortes Generales et la volonté citoyenne librement exprimée dans les urnes.

Rappelons-le, il s'agit d’une situation inédite en démocratie. Il y a, cependant, davantage de motifs de souci. Des douze magistrats que composent la cour, seuls dix pourront émette l'arrêt car un (Pablo Pérez Tremps) a été récusé suite à une trouble manœuvre clairement orientée à modifier les équilibres du débat, et un autre (Roberto García-Calvo) est mort. Des dix juges avec droit de vote, quatre restent en poste même si leur mandat est venu à échéance, suite au sordide désaccord entre le gouvernement central et l’opposition sur le renouvellement d’un organisme récemment défini par José Luis Rodríguez Zapatero comme le « cœur de la démocratie ». Un cœur avec les valves obturées, car seuls la moitié de ses membres sont aujourd’hui libres d'empêchements ou de reconduction. Voilà la cour de cassation qui se trouve sur le point de statuer sur le Statut de Catalogne. Par respect pour la cour –un respect sans doute supérieur à celui qu'elle s'est montré elle-même à plusieurs reprises– nous ne ferons plus d'allusion aux causes du retard dans l'arrêt.

La définition de la Catalogne en tant que nation dans le préambule du Statut, avec l'émanation résultante des « symboles nationaux » (par hasard la Constitution ne reconnaît-elle, dans son article 2, une Espagne composée de régions et de nationalités ?); le droit et le devoir de connaître la langue catalane ; l’articulation du Pouvoir judiciaire en Catalogne, et les relations entre l’État et la Generalitat [5], entre autres, voilà les points de friction les plus évidents du débat, d'après leurs versions respectives, puisqu'une partie significative de la Cour semble opter pour des positions irréductibles. Il en est des magistrats qui songent encore une fois à des chirurgies de fer coupant court ainsi à la complexité espagnole. Celle-ci pourrait se révéler, malheureusement, la pierre d'achoppement de l'arrêt
 



3 L’arrêt (http://www.tribunalconstitucional.es/es/jurisprudencia/Paginas/Sentencia.aspx?cod=16119) est intervenu au bout de sept mois plus tard.

4 Les Cortes Generales sont l'assemblée nationale espagnole.


5 La Generalitat est l'institution de gouvernement autonome de la Catalogne.

Mariano Rajoy, journaliste à la radio

Voilà la transcription d'une partie de l'interview à Mariano Rajoy diffusée en direct mardi 22 sur les antennes de la radio madrilène Onda Cero. À la veille des élections qui se tiendront en Catalogne le prochain dimanche 27, il n'est pas sans intérêt de constater que le discours de la peur bâti par le gouvernement espagnol contre le processus d'indépendance de la Catalogne a été dissipé par le président du gouvernement espagnol lui-même, qui a montré ne pas connaître que la Constitution ne le soutient pas dans sa prétention que les Catalans perdraient la nationalité espagnole si la Catalogne devient indépendante. En plus, sur le site d'Onda Cero on parle de « moments surréalistes » pendant l'interview. Affaire à suivre ?

Mariano Rajoy : Un Catalan est aujourd'hui Catalan, Espagnol et Européen. Mais ce que certains prétendent demander aux gens, c'est de renoncer à leur condition d'Espagnols et Européens. C'est une bêtise ! Et leurs droits en tant qu'Espagnols et Européens, pourquoi doivent-ils les perdre ? Ceci va à l'encontre du signe des temps. Et bien ! Voilà donc ce que nous essayons de défendre, nous...
Carlos Alsina : Mais la nationalité espagnole ils ne la perdraient pas -tant que nous sommes en train de parler de ce scénario que serait l'indépendance de la Catalogne- la nationalité espagnole ils ne la perdraient pas, les citoyens de Catalogne.
R : Ah! Je ne sais pas, c'est à dire, pourquoi ne la perdraient-ils pas ? et l'européenne non plus ?
A : Parce que la loi dit que le citoyen né en Espagne ne perd pas la nationalité, même en résidant dans un pays étranger, s'il manifeste sa volonté de la garder.
R : Euh... et l'européenne ?
A : Et l'européenne il la détient parce qu'il a la nationalité espagnole.
R : Il me semble que nous sommes dans une digression qui ne mène nulle part...

Traduit du catalan par Miquel-Àngel Sànchez i Fèrriz <masferriz@masf.cat>

6 de set. 2015

Orwell

I remember saying once to Arthur Koestler, ‘History stopped in 1936’, at which he nodded in immediate understanding. We were both thinking of totalitarianism in general, but more particularly of the Spanish civil war. Early in life I have noticed that no event is ever correctly reported in a newspaper, but in Spain, for the first time, I saw newspaper reports which did not bear any relation to the facts, not even the relationship which is implied in an ordinary lie. I saw great battles reported where there had been no fighting, and complete silence where hundreds of men had been killed. I saw troops who had fought bravely denounced as cowards and traitors, and others who had never seen a shot fired hailed as the heroes of imaginary victories; and I saw newspapers in London retailing these lies and eager intellectuals building emotional superstructures over events that had never happened. I saw, in fact, history being written not in terms of what happened but of what ought to have happened according to various ‘party lines’. Yet in a way, horrible as all this was, it was unimportant. It concerned secondary issues — namely, the struggle for power between the Comintern and the Spanish left-wing parties, and the efforts of the Russian Government to prevent revolution in Spain. But the broad picture of the war which the Spanish Government presented to the world was not untruthful. The main issues were what it said they were. But as for the Fascists and their backers, how could they come even as near to the truth as that? How could they possibly mention their real aims? Their version of the war was pure fantasy, and in the circumstances it could not have been otherwise.

The only propaganda line open to the Nazis and Fascists was to represent themselves as Christian patriots saving Spain from a Russian dictatorship. This involved pretending that life in Government Spain was just one long massacre (vide the Catholic Herald or the Daily Mail — but these were child's play compared with the Continental Fascist press), and it involved immensely exaggerating the scale of Russian intervention. Out of the huge pyramid of lies which the Catholic and reactionary press all over the world built up, let me take just one point — the presence in Spain of a Russian army. Devout Franco partisans all believed in this; estimates of its strength went as high as half a million. Now, there was no Russian army in Spain. There may have been a handful of airmen and other technicians, a few hundred at the most, but an army there was not. Some thousands of foreigners who fought in Spain, not to mention millions of Spaniards, were witnesses of this. Well, their testimony made no impression at all upon the Franco propagandists, not one of whom had set foot in Government Spain. Simultaneously these people refused utterly to admit the fact of German or Italian intervention at the same time as the Germany and Italian press were openly boasting about the exploits of their’ legionaries’. I have chosen to mention only one point, but in fact the whole of Fascist propaganda about the war was on this level.

This kind of thing is frightening to me, because it often gives me the feeling that the very concept of objective truth is fading out of the world. After all, the chances are that those lies, or at any rate similar lies, will pass into history.

From George Orwell, Looking back on the Spanish War.

http://orwell.ru/library/essays/Spanish_War/english/esw_1

2 de set. 2015

Comments on "Catalonia's regional elections: scenarios for independence " by Fernando Betancor

Let me recommend the following article by a US political analyst resident in Madrid, Fernando Betancor.

https://www.opendemocracy.net/can-europe-make-it/fernando-betancor/catalonias-regional-elections-scenarios-for-independence

I have differences with the descriptive contents which I shall refer to when I get a moment. For the time being I shall only highlight the rock-bottom credit of the firm responsible for the "poll" he quotes. Others doubt that it even exists, and that its "data" are in any way real.